'armée israélienne a mené, vendredi 21 juillet, une nouvelle vague de raids aériens au Liban sud contre 40 objectifs, dont 8 véhicules soupçonnés d'être utilisés pour transporter des armes. Des raids ont touché en particulier la ville de Baalbek, un des bastions du Hezbollah dans l'est du Liban, où trois civils ont été tués et douze blessés, de source hospitalière.
L'artillerie israélienne a aussi bombardé des "sites de lancement de missiles" à la frontière libano-israélienne ainsi que des routes empruntées par les combattants du Hezbollah pour parvenir à ces sites, selon la porte-parole de l'armée. L'armée israélienne a de nouveau appelé les civils vivant au sud du fleuve Litani à quitter leurs maisons et à s'enfuir au nord dans des messages transmis par les médias arabes et les responsables locaux.
Le Hezbollah a, pour sa part, tiré des roquettes sur la ville de Haïfa, au nord d'Israël faisant au moins dix blessés , le siège du commandement militaire israélien à Safed, ainsi que les villes de Tibériade, Carmiel et Haïfa. Le Parti de Dieu a rejeté le plan du secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, qui propose un arrêt immédiat des hostilités et la libération des deux soldats israéliens. "Il est normal que nous refusions ce plan", a déclaré Hussein Hajj Hassan, député de la formation chiite. "La seule chose que nous acceptons est un cessez-le-feu inconditionnel, suivi de négociations indirectes sur l'échange de prisonniers", a-t-il souligné. Et d'ajouter que "M. Annan ferait mieux d'arrêter les massacres des civils et de revoir toutes les résolutions du Conseil de sécurité qui n'ont pas été appliquées par Israël, avant de demander l'application de la 1559".
ÉVENTUELLE OPÉRATION TERRESTRE
L'aviation israélienne a de nouveau lâché vendredi des tracts au Liban sud, appelant "les habitants des villages situés au sud du fleuve Litani [à 40 km au nord de la frontière avec Israël] à évacuer leurs localités immédiatement". L'armée de l'Etat hébreu, qui a procédé au rappel de milliers de réservistes, a déployé des renforts sur la frontière nord et conduit des incursions au Liban sud.
L'état-major israélien, qui avait prévenu, jeudi dans la journée, que la campagne lancée au Liban "pourrait durer longtemps", semble s'interroger sur les suites de l'opération. Depuis le déclenchement de l'offensive, l'armée israélienne a privilégié les frappes aériennes contre des cibles du Hezbollah, mais aussi contre des objectifs civils. Selon une source politique israélienne, les pertes qu'occasionne ce genre d'actions ne devraient pas entamer la détermination de l'armée israélienne à déloger les combattants chiites qui opèrent le long d'un réseau de bunkers souterrains et de tranchées. Il estime que l'armée a besoin de deux semaines pour mener sa mission à son terme. "Il ne fait aucun doute que les pertes causeront de l'inquiétude, mais n'en tirez pas de conclusion", dit-il. De son côté, le ministre de la défense, le travailliste Amir Péretz, a averti que son pays n'excluait pas de lancer une opération terrestre "si nécessaire".
Les interrogations persistantes sur une éventuelle opération terrestre israélienne au Liban ont fait réagir le ministre de la défense libanais, Elias Murr : "L'armée libanaise résistera et défendra le pays, et prouvera qu'il s'agit d'une armée digne de respect." "L'équilibre des forces change et s'il y a un début d'invasion du Liban (...), nous les attendons", a-t-il ajouté.