ofi Annan a réclamé devant le Conseil de sécurité des Nations unies, jeudi 20 juillet, un "arrêt immédiat des hostilités" au Liban, pour "empêcher de nouvelles pertes de vies innocentes et de nouvelles souffrances", et permettre une intervention des organisations humanitaires. Il a reconnu que les émissaires qu'il avait dépêchés ces jours derniers dans la région avaient conclu qu'un cessez-le-feu durable serait "difficile à obtenir à l'heure actuelle" mais qu'il fallait au moins une cessation temporaire des hostilités.
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Le ministre des affaires étrangères français, Philippe Douste-Blazy, a annoncé, jeudi 20 juillet, qu'il partait pour le Proche-Orient. "Je vais partir dès ce soir dans la région", a-t-il annoncé lors d'un point de presse après une rencontre avec son homologue saoudien, le prince Saoud Al-Faysal Al-Saoud, largement consacrée à la situation au Liban. M. Douste-Blazy se rendra à Chypre, au Liban, en Egypte, en Jordanie et en Israël. (AFP.)
Kofi Annan a présenté les éléments d'un plan visant à résoudre la crise libanaise, comprenant un cessez-le-feu et la remise des soldats israéliens capturés par le Hezbollah aux "autorités légitimes libanaises". M. Annan a déclaré devant le Conseil de sécurité que ce plan, fondé sur les suggestions de la mission de médiation qu'il a envoyée sur place, doit "constituer la base politique de tout cessez-le-feu durable". Selon ce plan, les soldats israéliens capturés "seraient transférés aux autorités légitimes libanaises, sous les auspices du Comité international de la Croix-Rouge, dans la perspective de leur rapatriement en Israël et d'un cessez-le-feu".
Il prévoit aussi le déploiement d'une force de maintien de la paix du côté libanais de la "ligne bleue" (marquant la frontière entre Israël et le Liban) pour contribuer à "stabiliser la situation". M. Annan appelle aussi à la convocation d'une conférence internationale afin de mettre au point un calendrier pour l'application des résolutions des Nations unies, notamment le désarmement du Hezbollah. Il demande également la mise sur pied immédiate d'un cadre organisationnel pour collecter d'urgence des fonds destinés à la reconstruction du Liban. Selon Kofi Annan, la mise en place de ces éléments devrait être menée en parallèle, et il suggère que le Conseil de sécurité les incorpore dans une résolution.
LA RUSSIE POUR UN CESSEZ-LE-FEU IMMÉDIAT
"Nous voulons assister à la fin de la violence", a fait savoir de son côté le département d'Etat américain. Cependant, les Etats-Unis excluent l'idée d'un cessez-le-feu conclu trop hâtivement. "Nous ne voulons pas la répétition d'un cessez-le-feu qui permettrait au Hezbollah de se regrouper, se réarmer, se renforcer et de présenter une menace encore plus importante pour la stabilité de la région", a expliqué le porte-parole du département d'Etat. "Un cessez-le-feu est un terme très spécifique [qui] implique une sorte de statut temporaire", a précisé sous le couvert de l'anonymat un autre haut responsable du département d'Etat.
L'administration américaine semble privilégier une action diplomatique émanant de ses alliés arabes. "Les Etats de la région vont jouer un rôle critique, des Etats comme l'Arabie saoudite, l'Egypte, la Jordanie", a déclaré le département d'Etat, espérant que ces pays fassent pression sur la Syrie et l'Iran, proches du Hezbollah libanais et du Hamas palestinien.
Le ministre de la défense saoudien, Sultan Ben Abdel Aziz, a jugé jeudi, à Paris, qu'il n'était pas possible de "laisser Israël poursuivre ses agissements" au Liban, à l'issue d'une rencontre avec le président Jacques Chirac. Les positions française et saoudienne sont proches : soutien à la population libanaise, condamnation de l'attitude du Hezbollah. Riyad avait ainsi critiqué la semaine dernière "l'aventurisme irresponsable" du mouvement chiite.
Le vice-président syrien, Farouk Al-Chareh, a estimé quant à lui nécessaire que la communauté internationale "arrête la machine de guerre israélienne" au Liban. Pour sa part, la Russie a appelé à un "cessez-le-feu immédiat" au Liban.
L'offensive israélienne, qui est entrée dans sa deuxième semaine, a fait au moins 310 morts. 29 Israéliens ont été tués depuis le 12 juillet, dont 14 militaires et 15 civils tués par des roquettes du Hezbollah.