Me Benbraham, avocate, spécialiste en histoire :
«Sarkozy a participé à la loi du 23 février»
«Nicolas Sarkozy a dit quil ny aura pas de repentance quant à la loi du 23 février. Le parti UMP de Nicolas Sarkozy avait voté en majorité cette loi. En 2001, dans le sud de la France, il y a eu lédification dune stèle pour les harkis et les anciens français de lAlgérie.
Un geste pour glorifier le colonialisme français.» Cest ce qua laissé entendre Me Benbraham, qui a animé, hier, une conférence de presse dans le cadre de la commémoration du 45e anniversaire de la proclamation de lindépendance de lAlgérie, le 5 juillet 1962, au centre dEl- Moudjahid sur la bataille de la résistance à linvasion de larmée française dans la plaine de Staouéli au cours de lété 1830. Le thème de la conférence est, dailleurs, une façon pour confirmer lacte prémédité du colonialisme français dans notre pays. Et de poursuivre quen réponse à cet acte, il a été créé linstance de décolonisation des relations algéro-françaises dont lobjectif est de rétablir lhistoire de lAlgérie coloniale. A cette occasion, Me Benbraham déclare que linstance de la décolonisation des relations algéro-françaises revendique lorigine du traité du 6 juillet 1830 portant réédition de la régence dAlger et conclu le 6 juillet 1830. Le document porte le cachet du Dey qui lui a été pris de force. Pour rappel, le texte en question stipule que la présence de la France pendant les 130 années est justifiée par un apport de civilisation au peuple algérien. Une façon comme une autre de ne pas reconnaître les crimes de guerre commis par larmée française le long de son occupation du territoire algérien. Exposant quelques points historiques sur la bataille de Staouéli, la conférencière justifiera la thèse que la colonisation de lAlgérie était préméditée et quelle na pas faite suite au fameux coup de «chasse-mouche» ou communément connu sous le nom «le coup de léventail», où il est dit que lémissaire français a eu trois coups sur lépaule.
Laccostage a commencé le 14 juin de lannée 1830 et a duré jusquau 19 du même mois. Le 19 juin, larmée de lAgha Ibrahim, constituée de 5 000 hommes, a attaqué larmée française qui était constituée de 36 450 hommes et équipée de 675 bateaux à vapeur. Lagha Ibrahim a été remplacé par le Dey dAlger, Mustapha Boumezrag, et cest là que la résistance populaire est évoquée, notera Me Ben Braham. 20 000 Kabyles du Djurdjura ont rejoint larmée du Dey, et des centaines de Bouzaréah et de Hadjout. Cest pour cette raison que la bataille de Staouéli est connue sous le nom de la mère des batailles. Lors de cette bataille, les Turcs ont fui le terrain. Elle a duré du 19 juin jusquau 5 juillet sur la plaine de Staouéli où finalement larmée française est sortie vainqueur. Les derniers survivants parmi les Algériens résistants se sont suicidés, les femmes les ont suivis dans leur acte. La tribu Echerragua a été entièrement exterminée durant la même période de lété 1830.
Lobjectif, selon la conférencière, qui donne les détails, «cest pour prouver que la bataille nétait pas une simple promenade comme veut le faire entendre les falsificateurs de lhistoire aux Algériens. Et de conclure que la France ne veut pas reconnaître les pertes qui sévaluent à 4/10e de la flotte française en Algérie.
Cest suite à cette perte que lAlgérie est devenue un pays doccupation par larmée française et non un pays dexpédition. lanouvellerepublique.com