LAlgérie et les Etats-unis signeront, «à la première semaine de juin» à Alger, «un protocole daccord dans le domaine de la coopération nucléaire civile». Lannonce a été faite, hier, par M.Chakib Khelil, ministre de lEnergie et des Mines, à lissue dun entretien à Washington avec le secrétaire américain à lEnergie, Samuel Bodman. Ainsi, Washington aura balayé dun revers de la main ses potentiels concurrents dans le domaine, à limage de la France, de lIran et de lAfrique du Sud. Dautant plus que cette annonce intervient, curieusement, deux jours seulement après lélection du nouveau président français, Nicolas Sarkozy.
Ce dernier, qui, rappelons-le avait affirmé, en mars dernier, par la voix de lun de ses proches collaborateurs, Patrick Devedjian, que la France était prête à apporter à lAlgérie son assistance dans le domaine du nucléaire civil, vient de perdre un marché potentiel. Il ne sagit donc pas dun simple hasard du calendrier, mais dun timing bien réfléchi. En visite depuis hier aux Etats-Unis, le ministre de lEnergie a expliqué que «les deux parties oeuvreront à organiser des échanges dexpériences, de connaissances, de visites dexperts et de spécialistes mais aussi à conduire en commun des programmes» dans le domaine nucléaire.
Laccord en question vise à mettre en place des mécanismes de coopération et déchanges multiformes, à travers, notamment, la formule des «sister laboratories» (laboratoires soeurs), a ajouté M.Khelil.
Le protocole daccord permettra, également, aux organismes et Centres de recherche algériens dans le nucléaire de quantifier les résultats et mesurer les expériences engrangées (...) bénéficier de lexpertise et des avancées technologiques des Etats-Unis, a-t-il dit. Il convient de rappeler que lAlgérie possède deux réacteurs nucléaires expérimentaux de 3 et 15 mégawatts.
Le premier, baptisé Nour (lumière), installé à Draria, près dAlger, a été construit par lArgentine, le deuxième Essalem (paix), à Aïn Oussera (250km au sud dAlger) par la Chine. Des réacteurs qui sont régulièrement inspectés par lAgence internationale à lénergie atomique (Aiea). Par ailleurs, MM.Khelil et Bodman ont, également, discuté de lenvironnement du marché énergétique international et, de façon particulière, le marché du gaz, notamment lidée de création dune Opep du gaz, discutée au dernier forum de Doha. Lopportunité de la présence de M.Khelil à Washington a été, aussi, une occasion pour sexpliquer sur le dossier du gaz et le rapprochement entre Sonatrach et le géant russe Gazprom. «Nous avons expliqué notre position en tant que pays producteur et exportateur. Le rapprochement entre les entreprises algériennes et russes obéit à une logique commerciale, comme cela existe entre Sonatrach et de nombreuses sociétés américaines ou européennes», affirme M.Khelil.
Toutefois, il précisera: «Nous encourageons les entreprises de production à coopérer dans différents domaines et segments dactivités. Nous ne cherchons pas le contrôle du marché mondial du gaz ou la fixation des prix. Nous nous préoccupons de la rentabilité de nos entreprises et dassurer le développement économique de nos pays.» En dautres termes, cette précision vient confirmer et conforter la position de leader de lAlgérie sur le marché énergétique mondial.(lexpressiondz.com)