Les augmentations des salaires des fonctionnaires, qui ont globalement été bien accueillies, nont toutefois pas permis de dissiper la déception des travailleurs de la Fonction publique. Beaucoup espéraient, en effet, voir leurs salaires revus à la hausse de façon substantielle, surtout après les déclarations du chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, qui avait assuré que les augmentations ne seraient pas symboliques. Il en est ainsi de Karima, ingénieur dEtat en agronomie, qui occupe le poste de chef de service dans un organisme public.
« Cest sûr que cest une très bonne chose après une longue attente, mais ça reste insuffisant », affirme-t-elle demblée. « Les salaires restent trop bas pour quelquun qui envisage de construire sa vie », ajoute-t-elle. Elle estime toutefois quil était temps que les pouvoirs publics pensent à revaloriser les appointements des fonctionnaires. « On ne comprenait pas leurs tergiversations alors que le pays connaît une embellie financière qui ne nous profite pas », estime-t-elle. La déception est encore plus perceptible chez El Hadi, technicien en hydraulique de son état, pour qui cette augmentation « ne représente pas grand-chose du moment quelle ne va pas beaucoup améliorer mes revenus ». Il dit ne pas comprendre que certaines catégories telles que la santé et léducation aient été favorisées par rapport à dautres. « Je fais partie des corps communs. Pour cette catégorie, les augmentations varient entre 1600 et 4000 DA. Quand on soustrait lIRG (limpôt sur le revenu global), il ne reste pas grand-chose », relève ce père de famille qui capitalise 22 ans dexpérience. Actuellement, il touche un peu moins de 14 000 DA. « On sattendait à beaucoup plus. On nous a longtemps tenus en haleine. Franchement, jespérais au moins 6000 DA de plus », déplore-t-il. Et denchaîner : « Avec laugmentation annoncée, notre pouvoir dachat, moi et ma femme, elle est également dans la Fonction publique, sera à peine meilleur. » H.B., médecin spécialiste et maître assistant affirme, pour sa part, ne pas trop tenir compte de cette décision qui na pas répondu à ses attentes. Il attend, en effet, la révision du statut de la Fonction publique qui devrait entraîner, selon lui, une augmentation plus importante. H.B. fait partie du corps médical et du corps universitaire en même temps. Deux tiers de son salaire sont payés par la faculté de médecine et un tiers par lhôpital où il exerce. Daprès le communiqué de la bipartite gouvernement-UGTA, il aura droit à une augmentation denviron 5000 DA. « Les augmentations quon a eu sont loin de nos espérances. On sattendait à ce quon nous double les salaires. Un enseignant universitaire en Mauritanie touche plus de 600 euros, au Maroc 1200 euros et en Tunisie plus de 2000 euros », souligne-t-il.
(Article elwatan.com)