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Le blog commente l'actualité politique Algérienne et publie les articles jugés intéressants.

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A chaque élection c'est le même refrein et le peuple en a marre

'est une commune rurale de quelques dizaines de milliers d'habitants, située dans les collines du Sahel, à moins de 20 kilomètres au sud d'Alger. Ici, pas de barres de béton qui défigurent le paysage. Saoula se situe en pleine campagne. Les problèmes y sont les mêmes que partout ailleurs en Algérie : chômage, pénurie de logements, transports insuffisants, rues défoncées, hygiène défaillante, etc.

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Et pourtant, les habitants de Saoula n'ont pas l'intention d'aller voter, jeudi 17 mai. "Un peuple ignoré par le pouvoir doit ignorer ce même pouvoir !", clame un homme d'une cinquantaine d'années, au nez et à la barbe d'un policier, tandis que son meilleur ami précise qu'il ne croit "en aucun parti" et "interdira même à [sa] femme et à [ses] enfants d'aller déposer leurs bulletins dans l'urne, si jamais l'idée leur en venait".

Ici comme à Alger, Oran ou Constantine, un reproche majeur est fait aux députés de l'Assemblée populaire nationale (APN) : ils viennent "une fois tous les cinq ans", en période électorale, "boire un café, nous promettre monts et merveilles le temps de rafler nos voix", puis disparaissent sans avoir tenu parole.

Deux jeunes passent dans la rue, en jeans et baskets. Ils ont tout juste dix-huit ans. "On n'ira pas voter. On s'en fout !", lâchent-ils. A la pharmacie, propre et bien achalandée, le patron déclare que lui non plus ne bougera pas. "A quoi bon ?", soupire-t-il, en désignant les ordures aux alentours de son officine et les graffitis sur le mur d'en face. "Moi aussi, je m'abstiendrai", décrète un client en écho. Pour lui, comme pour tant d'autres, les députés ne pensent "qu'à toucher leur salaire et à tirer le maximum d'avantages de leur situation". Ce sont "des bandits" inutiles, "tout comme les sénateurs", ajoute-t-il. Quant au scrutin, c'est "du gâchis, de l'argent perdu". "Nous, les Algériens, on n'a pas besoin de députés, assène-t-il. Ça fait longtemps qu'on a appris à se débrouiller tout seuls".

"LE CHANGEMENT NE VIENT PAS"

Une trentaine de kilomètres plus loin, Blida ne semble pas plus motivée. Dans cette ville de 160 000 habitants, souk permanent à ciel ouvert où l'on vient d'Alger pour acheter des trousseaux de mariée autant que des chaussures et des bijoux en or, chacun vaque à ses occupations, comme si de rien n'était. "Les élections ? Quelles élections ?", lâchent les gens avec un petit sourire. "C'est tous des voleurs ! Je ne voterai jamais", décrète Yasmine, le visage entouré d'un foulard.

Ce qui manque à cette jeune employée dans un pressing ? "Un meilleur salaire qui me permettait d'avoir un logement indépendant et me marier. Et j'en ai marre de la bureaucratie", répond-elle sans hésiter. Rêve-t-elle de partir en Europe, comme tant d'autres de ses compatriotes ? Pas du tout. Elle "adore" son pays et surtout sa ville, y trouve les gens "merveilleux", mais se désespère de voir que "le changement espéré" ne vient pas.

Au café Chalane, sur la place centrale de Blida, les hommes discutent en fumant cigarette sur cigarette. Ils disent tous qu'ils ont fait confiance "une fois, deux fois, trois fois", mais que maintenant, c'est fini. "Les députés ? Ils sont contre le peuple ! Comme tous les élus, d'ailleurs. Alors on n'ira pas voter. Tout augmente : l'eau, l'électricité, et en plus, ces derniers temps, il y a une pénurie de lait ! On en a ras le bol", fulmine le patron. Il s'arrête un moment et reprend, l'air désolé : "Quel dommage que les Algériens n'aient pas pu voter le 6 mai avec les Français. Avec nous, c'est Ségolène qui serait entrée à l'Elysée !"

À Alger, pendant ce temps, les chefs de partis politiques répètent que seule "la capitale boude traditionnellement les urnes" et qu'en milieu rural, au contraire, "c'est l'engouement". Blida et Saoula constitueraient-elles des exceptions ? (lemonde.fr)

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